Un montant percuté par un chariot la semaine dernière. Une lisse qui a pris du jeu. Personne n’a rien signalé. Puis, un jour de forte charge, la travée cède — palettes au sol, ligne arrêtée, et peut-être un blessé. À ce moment précis, ce n’est plus une question de matériel : c’est votre responsabilité d’employeur qui est engagée, civilement et pénalement.

La bonne nouvelle : prévenir ce scénario est cadré, simple et peu coûteux. Voici exactement ce que la réglementation attend de vous, sans zone grise.

Votre obligation, en clair

Le Code du travail (articles L4321-1 et R4322-1) vous impose de maintenir vos équipements de travail en bon état afin de ne pas exposer vos salariés à un danger. Les rayonnages en font pleinement partie. La norme NF EN 15635 (« Stockage statique en acier — Utilisation et maintenance des équipements de stockage ») précise comment s’y prendre concrètement.

⚠️ Point important : la norme en elle-même n’est pas « la loi » au sens strict. Mais la respecter est le moyen reconnu de prouver que vous remplissez votre obligation de sécurité. En cas d’accident, son non-respect peut entraîner des sanctions administratives et pénales, et fragiliser votre position face à l’assurance comme à l’inspection du travail.

Le rôle clé : le PRSES

La norme introduit une fonction : le PRSES (Personne Responsable de la Sécurité des Équipements de Stockage). C’est une personne désignée chez vous, formée, qui pilote la sécurité des rayonnages au quotidien : elle reçoit les signalements de dommages, déclenche les actions, tient le registre. Désigner un PRSES, c’est la première brique de la conformité — et ça ne coûte rien.

Les deux niveaux de contrôle (NF EN 15635)

1. La surveillance interne régulière

Le PRSES (ou une personne formée) effectue des contrôles visuels fréquents : recherche de dommages, de déformations, vérification que les plaques de charge sont lisibles et que les protecteurs sont en place. Surtout, tout incident — un choc de chariot, même léger — est signalé immédiatement et tracé. C’est la première ligne de défense, gratuite et quotidienne.

2. L’inspection annuelle par un expert

Au moins une fois par an, une personne compétente et indépendante de l’exploitation quotidienne réalise une inspection complète et méthodique. Elle est formalisée par un rapport écrit et un plan d’actions hiérarchisé par gravité. C’est ce document qui fait foi en cas de contrôle ou d’accident.

La fréquence peut être plus rapprochée dans les environnements à risque : forte circulation de chariots, allées étroites, rotation intense, historique de chocs.

Ce que regarde l’inspection

Une inspection sérieuse passe en revue, travée par travée :

  • Montants et échelles : enfoncements, flèches, fissures de soudure, verticalité.
  • Lisses : déformation, jeu ou mauvais engagement des accroches, présence des goupilles/clips de sécurité.
  • Fixations au sol : platines et chevilles en place et serrées.
  • Plaques de charge : présentes et lisibles sur chaque travée.
  • Protecteurs : sabots de pieds et protections d’angle là où circulent les chariots.
  • Stabilité d’ensemble : entretoises, contreventements, état général.

Le code couleur des dommages

L’inspection classe chaque défaut par gravité, selon la logique de la norme :

  • Vert : acceptable — à surveiller, pas d’action immédiate.
  • Orange : à réparer sous ~4 semaines ; on réduit la charge si nécessaire en attendant.
  • Rouge : danger immédiat → on décharge et on isole la travée sur-le-champ.

Un rack classé rouge qu’on continue d’utiliser, c’est très exactement le point de départ de l’accident. La sortie est simple et immédiate : décharger, baliser, réparer ou remplacer.

Vert Orange Rouge Acceptableà surveiller À réparersous 4 semaines Danger immédiatdécharger + isoler
L’inspection NF EN 15635 classe chaque dommage par gravité — le rouge impose une mise hors service immédiate.

Que faire d’un rayonnage endommagé ?

  • Ne jamais redresser un élément plié : un montant ou une lisse déformé a perdu sa capacité portante. On le remplace, on ne le « répare » pas à la masse.
  • Installer des protecteurs de pieds et de montants partout où circulent les chariots — la prévention coûte bien moins cher qu’un remplacement.
  • Garder une plaque de charge lisible sur chaque travée, et ne jamais la dépasser.
  • Tenir un registre des contrôles, signalements et réparations.

Même si votre installation date et n’a jamais été contrôlée, on peut partir de l’existant : un premier audit fait l’état des lieux complet et priorise les actions, des points rouges aux points verts.

Pourquoi la sécurité paie (vraiment)

Au-delà de l’obligation, un parc bien entretenu, c’est : moins d’arrêts d’activité, une assurance sereine, des équipes en confiance, et la durée de vie de vos rayonnages préservée. À l’inverse, un effondrement, c’est la marchandise détruite, la ligne stoppée, et un dossier qui peut virer au pénal. Le calcul est vite fait.

Pourquoi nous confier l’audit

Nos équipes connaissent les structures qu’elles installent — 687 projets réalisés en Europe, conçus par les ingénieurs Polypal. On réalise l’inspection conforme NF EN 15635, on vous remet le rapport et le plan d’actions hiérarchisé, et on traite les points rouges en priorité. Vous êtes en règle, et surtout vos équipes travaillent en sécurité.

L’audit est aussi l’occasion de vérifier que vos charges admissibles (norme de conception EN 15512) correspondent bien à ce que vous stockez réellement aujourd’hui — un écart fréquent quand l’usage a évolué depuis l’installation.

En résumé

  • Deux niveaux : surveillance interne continue (PRSES) + inspection annuelle par un expert indépendant, rapport écrit à l’appui (NF EN 15635).
  • Un dommage rouge = déchargement et mise hors service immédiats.
  • Un élément plié se remplace, jamais ne se redresse.
  • C’est votre obligation d’employeur (Code du travail) — et c’est surtout ce qui évite l’accident.

Le plus simple pour partir sur des bases sûres : un premier audit de vos rayonnages.

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Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il vérifier ses rayonnages ?
Une inspection complète par un expert au moins une fois par an (NF EN 15635), complétée par une surveillance visuelle interne régulière. Plus fréquent dans les environnements à fort trafic de chariots.

Qui peut réaliser l’inspection annuelle ?
Une personne compétente et indépendante de l’exploitation quotidienne du site, formée à l’inspection des rayonnages, qui remet un rapport écrit et un plan d’actions hiérarchisé.

Que risque-t-on à ne pas contrôler ses rayonnages ?
En cas d’accident, des sanctions administratives et pénales pour manquement à l’obligation de sécurité, sans compter les conséquences humaines, l’arrêt d’activité et les difficultés avec l’assurance.

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